Gérer les territoires : communes, points d’arrêt et import de données
Cet article fait partie d’une série consacrée aux back-offices Angular de Rezo Pouce. Après avoir présenté les deux applications et leur architecture commune, l’architecture de l’espace d’administration et l’authentification et le contrôle d’accès, ce volet entre dans le premier grand module fonctionnel : la gestion des territoires. Les articles suivants aborderont le pilotage du service Rezo Séniors et la cartographie.
Le besoin
Rezo Pouce est un réseau ancré dans les territoires. Chaque communauté de communes, chaque agglomération qui souscrit au service doit être configurée dans le système : ses communes, ses points d’arrêt, ses points d’inscription, ses contacts, ses documents. Sans cette configuration, aucun utilisateur ne peut s’inscrire, aucun point d’arrêt n’apparaît sur le site public, aucun trajet Séniors ne peut être proposé.
Le module de gestion des territoires est donc la fondation de tout le système. C’est par lui que commence le déploiement d’un nouveau territoire, et c’est lui que les gestionnaires utilisent au quotidien pour faire vivre leur périmètre.
La hiérarchie des territoires
Les territoires sont organisés en deux niveaux. Les territoires administratifs — départements, régions — regroupent plusieurs territoires sous une même structure. Les territoires techniques — communautés de communes, agglomérations — sont les unités opérationnelles, celles qui sont effectivement rattachées au service et qui contiennent les communes, les points d’arrêt et les utilisateurs.
Cette distinction n’est pas qu’un choix d’organisation. Elle reflète la réalité du réseau : un département peut être partenaire de Rezo Pouce sans que toutes ses intercommunalités soient actives. Le gestionnaire national visualise l’ensemble de l’arborescence — territoires administratifs avec leurs enfants techniques — tandis que le gestionnaire local n’accède qu’à son périmètre.
Le tableau de bord du territoire
Chaque territoire technique dispose d’un tableau de bord qui synthétise son état : informations générales, services souscrits, nombre d’habitants, d’utilisateurs inscrits, de points d’arrêt actifs, et gestionnaire principal. C’est la porte d’entrée du référent dans son territoire — un coup d’oeil suffit pour en évaluer l’état.
La configuration du territoire va plus loin : nom commercial, statut (en cours de déploiement, en place, désabonné), logo, en-tête, lettre du président, coordonnées des contacts techniques et d’animation, numéro SIRET. On y gère également les gestionnaires et leurs rôles — qui peut consulter, qui peut modifier, qui peut administrer.
Les communes
Le module affiche la liste des communes du territoire sous forme de tableau filtrable : code INSEE, nom, code postal, département, nombre de points d’arrêt actifs et inactifs, statut. Le gestionnaire y identifie rapidement les communes bien équipées et celles qui nécessitent encore un travail de terrain.
La fiche détaillée d’une commune rassemble tout ce qui la concerne : informations générales, résumé des points d’arrêt et des points d’inscription, liste des utilisateurs inscrits, statistiques d’activité sur les trente derniers jours. Elle donne accès à la cartographie de la commune, à sa fiche mobilité et à ses modes de transport.
Les points d’arrêt
Les points d’arrêt sont les emplacements physiques où les utilisateurs pratiquent l’autostop. Leur gestion est au coeur du module.
La liste affiche chaque point avec son identifiant, son nom, son adresse, sa commune, son statut et s’il est un point retour. Elle permet l’export CSV pour un traitement externe.
La fiche d’un point d’arrêt est riche. Une carte interactive affiche le marqueur du point, repositionnable par glisser-déposer. Carte et adresse postale sont liées par géocodage bidirectionnel : déplacer le marqueur sur la carte met automatiquement à jour l’adresse postale du point, et inversement, modifier l’adresse recalcule les coordonnées géographiques et repositionne le marqueur. Les autres informations sont éditables en ligne : nom, directions (jusqu’à trois), repères visuels, commentaire, limitation de vitesse. Une section dédiée liste les équipements présents — abribus, banc, cheminement piéton, éclairage, encoche, parc à vélos, traversée piétonne. Le gestionnaire peut uploader une photo du point, consulter l’historique des incidents signalés, et définir l’ordre d’affichage du point dans la commune.
L’import en masse
Quand un nouveau territoire rejoint le réseau, il peut s’agir de créer plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de points d’arrêt. La saisie manuelle n’est pas envisageable. Le module propose donc un import en masse à partir de fichiers CSV ou KML.
Le processus se déroule en plusieurs étapes. Le gestionnaire uploade son fichier. Le système valide les en-têtes et fait correspondre les colonnes aux champs attendus — nom, coordonnées, directions, équipements, commentaire. Les coordonnées géographiques fournies dans le fichier sont automatiquement géocodées pour obtenir l’adresse postale de chaque point. Chaque ligne est ensuite validée individuellement, avec un rapport d’erreurs détaillé qui permet de corriger le fichier avant de relancer l’import. Une barre de progression suit la création des points en base.
Ce mécanisme a été conçu pour être tolérant : les valeurs booléennes acceptent aussi bien « oui » que « vrai » ou « 1 », les champs optionnels peuvent être omis. En pratique, les plus grosses sources d’erreur ne viennent pas des données elles-mêmes mais du fichier : un encodage de caractères inadapté ou un mauvais séparateur de champs suffisent à faire échouer l’import. L’objectif est de permettre aux équipes de terrain de préparer leurs données dans un tableur classique, sans avoir à se conformer à un format rigide.
Les points d’inscription
Les points d’inscription sont les lieux physiques — mairies, maisons de services, offices de tourisme — où les habitants peuvent s’inscrire au service Rezo Pouce. Chaque territoire technique possède un point d’inscription principal, qui sert de référence.
Leur gestion est similaire à celle des points d’arrêt : une liste avec export CSV, une fiche détaillée avec carte, édition en ligne des informations (nom, adresse, téléphone, email, site web), upload de photo. Une particularité : les horaires d’ouverture sont gérés de manière fine — sept jours, deux créneaux par jour (matin et après-midi), avec la possibilité de déclarer une journée continue ou un jour de fermeture.
Les modes de transport
Chaque commune peut proposer différents modes de transport complémentaires à l’autostop — bus, covoiturage, transport à la demande. Le gestionnaire associe des modes de transport aux communes concernées, avec un type, une description et un ordre d’affichage. Ces informations apparaissent ensuite sur le site public et dans les fiches mobilité.
Les fiches mobilité
Les fiches mobilité sont des documents PDF générés pour chaque commune, destinés à être imprimés et affichés dans les points d’inscription ou distribués aux habitants. Elles synthétisent tout ce qu’un habitant doit savoir pour utiliser le service sur sa commune.
Un configurateur dédié, commune par commune, permet de construire chaque fiche avec une prévisualisation en temps réel. Le gestionnaire compose sa fiche page par page : une couverture avec le nom de la commune et le logo du territoire, des pages listant les points d’arrêt avec leurs équipements, et des pages présentant les modes de transport disponibles et les informations d’inscription. Il détermine le nombre de points d’arrêt par page, ce qui définit automatiquement le nombre de pages nécessaires. Il peut ajouter ou retirer des pages à tout moment, et chaque modification est immédiatement visible dans la prévisualisation.
Les fiches sont illustrées par des captures de carte du territoire présentant les points d’arrêt. Le configurateur intègre un outil de capture d’écran qui permet de réaliser ces captures directement depuis l’interface, sans avoir à passer par un logiciel externe. Les paramètres de mise en page sont sauvegardés, ce qui évite de reconfigurer la fiche à chaque mise à jour. Les fiches sont générées à la volée au moment où l’utilisateur les demande, ce qui garantit des données toujours à jour. Des paramètres par défaut permettent de produire une fiche exploitable même pour une commune qui n’aurait pas été configurée manuellement — le gestionnaire n’a pas besoin d’intervenir sur chaque commune pour que le service fonctionne. La fiche peut être téléchargée individuellement ou par lot — toutes les fiches d’un territoire dans une seule archive ZIP.
Les statistiques
Le module proposait deux vues statistiques par territoire. Les statistiques utilisateurs affichaient sur une période donnée — trente jours par défaut — le nombre total d’inscrits, les nouvelles inscriptions, la répartition par type d’utilisateur, avec la liste détaillée. Les statistiques de trajets présentaient les données d’activité du service sur le territoire.
Ces vues offraient aux gestionnaires un aperçu rapide de l’activité de leur territoire, suffisant pour piloter le réseau au quotidien et préparer les bilans réguliers demandés par les collectivités partenaires. Cette fonctionnalité est aujourd’hui obsolète : la migration des utilisateurs vers une autre plateforme a rendu ces statistiques inopérantes, le back-office n’ayant plus accès aux données nécessaires.
Ce que ce module illustre
Le module de gestion des territoires est un cas d’école de back-office métier. Il n’y a pas de prouesse technique individuelle — des listes, des formulaires, des imports, des exports. Mais la difficulté réside dans l’étendue fonctionnelle et la cohérence de l’ensemble : chaque entité (territoire, commune, point d’arrêt, point d’inscription) est liée aux autres, chaque modification a des répercussions sur le site public, et chaque écran doit être utilisable par des personnes qui ne sont pas des techniciens.
L’import CSV illustre bien cette philosophie. Techniquement, c’est un parser de fichier avec validation. Fonctionnellement, c’est ce qui permet à un réseau de passer de zéro à plusieurs centaines de points d’arrêt en une demi-heure, là où la saisie manuelle prendrait des jours. La valeur n’est pas dans le code — elle est dans le temps gagné sur le terrain.
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